Mauvais sang

d'Éléonore Greif

 

Un production Ana Films

Tout ce qui a trait aux règles, et plus généralement, à l’anatomie féminine, est tabou. La trop récente redécouverte du clitoris en est un bon exemple. Ce tabou existe dans la plupart des cultures et des religions. Ce qui varie, c’est le degré. Au Népal, malgré l’interdiction de l’Etat, la tradition hindoue du Chaupadi, qui consiste à enfermer les femmes dans une hutte à l’écart de leur village lorsqu’elles ont leurs règles, est toujours respectée.

 

En Occident, pas d’enfermement, mais la mise à l’écart qui revêt un caractère plus insidieux. Dès leurs premières règles, les jeunes filles apprennent à en avoir honte, avec la peur de la tache véhiculée par les publicités pour protections hygiéniques. Protections que l’on s’échangera dès lors le plus discrètement possible pour ne pas subir les moqueries des garçons, pour ne pas attirer l’attention sur le fait que de notre corps s’échappe un fluide « sale », « odorant », sur lequel nous n’avons aucun contrôle.

 

Ce projet de film repose sur des témoignages. La parole des femmes qui ont fait l’expérience des menstruations, qu’elles aient 20, 30, 50 ou 80 ans. Chaque histoire se rapporte à un contexte historique, des découvertes scientifiques, qui améliorent ou remettent en question le quotidien des femmes. Des avancées comme la pilule contraceptive, ou plus prosaïquement, le tampon, puis les polémiques qui ont entaché, bien plus tard, leur usage, bouleversent le rapport des femmes à leurs règles mais posent également des questions de fond.