Les Blanches Terres

d'Amélie Cabocel

90 min / 52 min

 

Une production Ana Films / Télévisions locales du Grand Est / Mosaïk

Avec la participation du CNC (aide au développement), de la Région Grand Est (aide à la production) et de l'Eurométropole de Strasbourg (aide à la production)

Michelle a 84 ans. Veuve depuis vingt ans, elle vit seule au cœur des Blanches Terres. Dans ce lieu-dit déserté d’une Lorraine autrefois agricole et industrielle, elle s’efforce d’entretenir les liens avec ses rares voisins, pour la plupart cousins, germains ou éloignés. Dans cette campagne dont le charme échappe à celui qui ne fait que passer, l’isolement est un fléau que Michelle combat bec et ongles.

 

Bientôt, une photographe parisienne s’invite chez elle et propose à ces habitants reclus de se retrouver au cœur de son nouveau travail photographique. Michelle et les cousins tombent des nues, d’autant que la résidence d’une année est soutenue par un centre d’art avec une exposition à la clé. « Qu’est-ce qu’on a donc de si intéressant pour que des gens aient envie de voir nos gueules ? » questionne Michelle.

 

La photographe, c’est Amélie Cabocel. Et Michelle, c’est sa grand-mère...

 

Pour son premier film, la réalisatrice souhaite saisir le plus justement possible ce bout de campagne et ses habitants. Ces personnes pleines d’entrain et d’esprit garantiront au film une liberté de ton et très certainement une pétillante jovialité, surtout dans les moments collectifs.

 

Au-delà de la problématique de la désertification des campagnes et des difficultés maintes fois traitées des travailleurs de la terre, Amélie Cabocel entend aller à la rencontre des nouvelles générations et évoquer avec eux une question qui la préoccupe plus intimement : celle de la filiation. Même si Amélie vit à Paris, elle est une petite-fille des Blanches Terres. Alors, que fera-t-elle de cet héritage ?

 

Les hommes sont-ils les résidents éphémères de terres qui ne leur appartiendront jamais ? Comment garder la trace de nos passages ? Cette dimension existentielle viendra nourrir le récit, lui apportant une ampleur universelle. Ce cycle de la vie est aussi évoqué dans le traitement de la nature et des paysages : les saisons qui s’écoulent, le rythme lent de Michelle, les photos de famille où les bébés, les adolescents, les vieillards se côtoient en vrac sur des pans de mur.

 

Le potentiel poétique de l’histoire d’Amélie, son implication directe dans le questionnement de ces personnages, l’attention affective portée à sa grand-mère sont autant d’éléments qui ajouteront de l’empathie, de la chaleur et de l’originalité au film.

Amelie Cabocel

Sa spécialisation en photographie et en sciences humaines et sociales à amené Amélie à développer une démarche artistique associant ces deux axes. Photographie, vidéo, son et cinéma documentaire lui permettent de travailler des questions liées au corps et au corps social. Ses travaux se déploient autour d'une dialectique du visible et de l'invisible dans l'image et, plus largement, à l'échelle de la société. 

Son travail a été publié à plusieurs reprises et a été diffusé au sein de festivals ( Les Instants Vidéo, Marseille, 2010 ) et de diverses expositions

( Maison de la Photographie Robert Doisneau, Gentilly, 2016 ; Synesthésie, Mois de la Photo du Grand Paris, Saint-Denis, 2017 ; CCAM, Vandoeuvre-lès-Nancy, 2018 )

Ceux des Blanches Terres est son premier long métrage documentaire.